Lorsque l’Algérie avait lourdement chuté face à l’Argentine (3-0), lors de son entrée en lice à la Coupe du monde 2026, de nombreux observateurs avaient estimé que les Verts étaient simplement tombés sur une sélection évoluant dans une autre dimension.
Vladimir Petkovic, lui-même, avait insisté sur la supériorité de l’Albiceleste, championne du monde en titre, pour expliquer une prestation algérienne particulièrement décevante. Pourtant, la suite du tournoi a progressivement remis cette analyse en question. Les parcours du Cap-Vert puis de l’Égypte face au même adversaire ont démontré que l’Argentine, malgré son immense potentiel, n’était ni invincible ni inaccessible. Premier avertissement pour l’Albiceleste : son huitième de finale contre le Cap-Vert. Sur le papier, l’affiche paraissait déséquilibrée. Sur le terrain, elle a raconté une toute autre histoire. Grâce à une organisation rigoureuse et à un engagement de tous les instants, les Capverdiens ont réussi à tenir tête aux champions du monde. Mieux encore, ils ont obligé Lionel Messi et ses partenaires à disputer une prolongation avant de s’incliner sur le score de 3 buts à 2.
Le Cap-Vert puis l’Égypte l’ont confirmé
Cette performance a démontré qu’il était possible de perturber l’Argentine en réduisant ses espaces et en lui imposant une forte intensité. Le Cap- Vert n’a jamais accepté le statut de victime annoncée. Il a joué son va-tout et a poussé l’un des favoris du tournoi dans ses derniers retranchements. Quelques jours plus tard, l’Égypte est allée encore plus loin. Les Pharaons ont non seulement résisté à l’Argentine, mais ils ont également pris une avance de deux buts et conservé cet avantage jusqu’à l’approche des dix dernières minutes. Pendant plus d’une heure, les Africains ont livré une véritable leçon d’organisation tactique. Le bloc défensif est resté compact, les transitions ont été rapides et les joueurs ont exploité chaque espace laissé par l’adversaire.
Le contraste avec l’Algérie
il Il a finalement fallu un sursaut de génie de Lionel Messi et un but d’Enzo Fernandez dans le temps additionnel pour permettre à l’Argentine d’éviter une élimination historique. Le résultat final (3-2) masque d’ailleurs la réalité du match. Durant une grande partie de la rencontre, les champions du monde ont semblé proches de la sortie. Ces deux performances africaines ont inévitablement relancé le débat autour de la prestation algérienne lors de la phase de groupes. Contrairement au Cap-Vert et à l’Égypte, les Verts n’ont jamais réussi à installer le doute dans l’esprit de leur adversaire. Dès les premières minutes, l’équipe nationale a adopté une posture excessivement prudente qui a facilité la tâche des Argentins. L’Algérie a très peu pressé, rarement cherché à perturber la relance adverse et s’est montrée incapable de créer une dynamique offensive durable. Le sentiment dominant était celui d’une équipe davantage préoccupée par l’idée de limiter les dégâts que par celle de bousculer le champion du monde. Le problème ne réside donc pas uniquement dans le score final. Il concerne surtout l’approche du match et la capacité de l’équipe à croire en ses chances.
Une lecture à revoir
La Coupe du monde a finalement livré son verdict. Oui, l’Argentine demeure l’une des meilleures sélections de la planète. Oui, elle possède des individualités capables de faire basculer n’importe quelle rencontre. Mais le parcours de l’Albiceleste a également révélé certaines fragilités. Le Cap- Vert les a exploitées. L’Égypte les a exposées avec encore plus de force. Ces deux sélections ont montré qu’avec une stratégie claire, de l’audace et une forte conviction collective, il était possible de faire vaciller les champions du monde. C’est précisément ce qui rend la prestation algérienne plus difficile à accepter. Car au fil du tournoi, une évidence s’est imposée : l’Argentine n’était pas cet adversaire imbattable que beaucoup avaient présenté après la défaite des Verts. Les rencontres suivantes ont surtout mis en lumière ce qui a manqué à l’Algérie ce soir-là : de la personnalité, une ambition assumée et un plan capable de faire douter l’Albiceleste.
– DJAMEL OUAGLAL
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