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ALG : Les mots clés d’une résiliation à «l’amiable» (Lafordasse)

Le temps, le temps et rien d’autre ! La Fédération algérienne de football a, enfin, communiqué au sujet du dossier relatif à ses relations avec Vladimir Petkovic, ainsi que les membres de son staff technique, depuis la participation de l’équipe nationale à la Coupe du monde 2026. Il ressort du compte-rendu de la réunion du bureau fédéral plusieurs mots et éléments- clés qui méritent qu’on s’y attarde, avant de fermer ce sujet et passer à autre chose. D’abord, il y a lieu de retenir que c’est le président en personne qui avait la charge de ce dossier et qu’ensuite, le premier élément mis en exergue ne sont autres que les ‘’différentes circonstances ayant marqué cette période, notamment le contexte médiatique particulier entourant l’équipe nationale et la fédération’’. Là, la FAF reconnaît implicitement qu’elle a fait l’objet d’une réaction massive de l’opinion sportive et des supporters des Verts, attitude compréhensive suite à une participation terne et à des attitudes qui ont, non seulement, déchanté les algériens mais elles ont attisé leur colère.

Dans un deuxième temps, la FAF reconnait aussi qu’elle avait «engagé des échanges avec le sélectionneur national afin d’examiner les perspectives de poursuite de la relation contractuelle dans un climat de confiance, de respect mutuel et de responsabilité». Des mots qui n’ont pas pesé, apparemment, dans la balance, face à la vox populi qui exigea le départ illico presto d’un sélectionneur dont seule la FAF en était convaincu. Ce qui donne une idée sur ces intentions, mais surtout sur sa capacité d’apprécier la situation et le travail effectué jusqu’ici par le technicien bosno- helvétique. Le troisième élément de ce feuilleton qui a tenu en haleine un mois durant l’opinion algérienne, est «le constat partagé auquel ont parvenu les deux parties, que le contexte général ne permettait plus d’assurer la poursuite de leur collaboration dans les conditions de sérénité, de stabilité et de confiance requises». En d’autres termes, la FAF a cédé à la pression médiatique, alors qu’elle était convaincue de son projet avec Petkovic, des résultats réalisés jusqu’ici – malgré l’avis contraire du Collège technique – et des perspectives à venir. Trop léger comme argumentaire et aucune remise en question de la part de l’instance fédérale.

Puis le verdict : les deux parties «ont convenu de de mettre un terme à leur relation contractuelle par voie de résiliation amiable, dans le respect de leurs engagements respectifs». Cela sous-entend que la Fédération payera une indemnité de résiliation de cette relation contractuelle, sans aller, par manque de transparence, à donner le montant que percevra Petkovic. L’avenir et les investigations que mèneront des médias crédibles mettront certainement la lumière sur les dessous de cette séparation à «l’amiable». L’autre élément qui a attiré l’attention dans le communiqué de la fédération, est que les membres du bureau fédéral n’ont fait que prendre acte et approuvé la résiliation sans émettre le moindre commentaire ou avis. Le même bureau fédéral «a approuvé la démarche engagée par le président de la FAF, qu’il considère conforme aux intérêts supérieurs de la FAF et du football national», sans le moindre débat ni la moindre contestation. L’histoire retiendra donc que la FAF déboursera un montant appréciable pour couvrir les frais d’une telle résiliation, que l’opinion espère en prendre connaissance dans le prochain bilan financier de cette instance pour l’exercice 2026.

Puis, tout en exprimant sa reconnaissance à Petkovic et à son staff pour leur professionnalisme et le travail accompli, la FAF passe en mode offensif pour «condamner avec la plus grande fermeté la campagne de dénigrement systématique menée par certains médias et intervenants, dont les prises de position relèvent davantage d’une volonté manifeste de déstabilisation que d’une critique objective et constructive au service de l’intérêt général». Incapable de reconnaître son mauvais management et ses choix discutables, la FAF brandi de nouveau et lamentablement l’éternel argument de la «déstabilisation et du dénigrement» pour jeter la responsabilité sur les autres. Sauf que le temps, le temps et rien d’autre, lui, finit toujours par départager ceux qui cherchent la vérité de ceux qui ne cherchent qu’à avoir raison dans le tort.
– LAFORDASSE

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